par-dessus l’épaule

Les mêmes questions qu’hier, cette fois-ci posées à Stéphanie Nedjar.

Vos 3 sites naturels préférés et pourquoi ?
Les plages de l’Oregon, tellement sauvages. Les dunes de sable à perte de vue et dans lesquelles on peut se perdre, le vent qui forme des canyons miniatures sur la plage, l’étonnante mue des crabes, les mouettes, et surtout n’y rencontrer personne, comme si on s’y promenait après la fin du monde. Inouï.
La vallée d’altitude de Moras, où j’ai retrouvé l’immensité des paysages de l’Asie centrale. J’imaginais la Cordillère des Andes abrupte et ses monts ciselés mais c’est en fait beaucoup de vallées habitées, de troupeaux, de paysans, qu’on croise là-haut. Et là encore, peu d’occidentaux car il faut marcher longtemps.
Le Fitz Roy en Patagonie argentine. Nous y avons fait deux randonnées de huit heures mais il m’en aurait fallu bien dix pour être rassasiée. J’y pensais encore cette nuit, les yeux fermés. La couleur du lichen, les eaux laiteuses des rivières, les piverts, les arbres qui poussent dans le sens du vent, un relief qui change tous les cent mètres….

Vos trois villes préférées et pourquoi ?
Valparaiso, déglinguée, poétique, libre, dans laquelle on se perd avec joie.
San Francisco, pour sa contre-culture, dont j’ai bien peur qu’elle n’appartienne bientôt au passé, le conformisme de la Sillicon Valley ruisselant progressivement jusqu’au Golden Gate.
Buenos Aires, une ville immense, aux quartiers aux identités très différentes des unes des autres, un peu comme NY et Paris, la liberté et la fantaisie en plus.

Plus belles découvertes naturelles (faune flore) ? Pourquoi ?
Les flamants roses dans le désert de sel d’Atacama. Non que se fût la première fois que j’en voyais mais les voir s’envoler au-dessus de marais ruisselants de sel, dans une brume de chaleur… Comme un mirage…

Votre meilleur moment et pourquoi ?
Se trouver face au Canal de Beagle, les pieds sur la Terre de Feu, le regard perdu face à un horizon infini, et l’impression d’avoir su accomplir un sacré périple !

Votre pire moment et pourquoi ?
Quelques coups de sang dans des hébergements sans rapport avec leur description : le pauvre canapé défoncé dans un appartement qui sentait l’herbe à Portland, dont j’ai déjà parlé, ou la dernière nuit du voyage. Nous avions réservé dans un monument historique de Buenos Aires. Manque de pot, panne d’électricité et nous avons fini, sans compensation de la part de l’aubergiste, dans un hôtel de seconde zone.

Pire galère ?
Avoir oublié ma carte bancaire dans un distributeur automatique à Puerto Natales. Impossible de m’en faire expédier une nouvelle compte-tenu de nos déplacements incessants…

Pire situation de stress / peur ?
Dans les montagnes rocheuses canadiennes, nous avons emprunté un itinéraire balisé mais où personne ne s’était engagé. Au cœur de la forêt, un sentier enneigé, en fin de journée. C’était merveilleux. Jusqu’au moment où nous avons enjambé une crotte d’ours toute fraiche… Sans mot dire nous avons hâté le pas et ramassé des bâtons. La fin de la promenade m’a semblé interminable !

Bonne surprise ?
La Patagonie a été pour moi une révélation. Je pense déjà à ce que j’y ferai la prochaine fois. Louer un 4×4 pour pouvoir rouler sur la Carretera Australe au Chili et s’éloigner des sentiers battus en Argentine. Retourner au Fitz Roy, retourner à Tierra del Fuego !

Mauvaise surprise ?
Le nombre de junkies dans les grandes villes d’Amérique du Nord, signal fort d’une société qui va mal, où la quête du profit l’a emporté définitivement sur les politiques sociales, où les écarts de richesse sont spectaculaires, où on trouve des laissés pour compte à un niveau de misère qu’on imagine disparu du monde occidental. Un monde entré en décadence.

Plus jolie rencontre ?
La rencontre de Sarah Dowell à Monteverde, une femme qui a cherché comment vivre son idéal et dont le regard irradie. J’espère qu’un jour, je retournerai dans cette fameuse cabane de Monteverde.

Ce qui vous a manqué ?
Au Canada et aux États-Unis, les lits étaient tellement mous que je rêvais de mon futon ! A part ça, rien.

Une phrase pour conclure le voyage ?
I would do it all over again

Stéphanie Nedjar

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