Un coup d’œil dans le rétro

Christelle Marot répond aux questions que tout le monde se pose…

Vos 3 sites naturels préférés et pourquoi ?

Les fjords de la Patagonie chilienne parce que c’est un territoire encore quasi vierge, préservé, loin de la civilisation, une beauté brute, glacée et sauvage. Cela pourrait être le commencement du monde.

La Cordillère des Andes, du côté de Maras et Moray, dans la vallée sacrée de Cuzco, au Pérou. Impressionnante, enveloppante et qui prend si bien la lumière au soleil couchant, donnant à voir une palette de couleurs chatoyantes, des jaunes, des bruns, des ocres, etc.

Le désert d’Atacama au Chili, avec la vallée de la lune, des sols roses craquelés, des lagunes de sel d’un bleu turquoise, des oiseaux. Le silence. Un tableau vivant.

Vos trois villes préférées et pourquoi ?

San Francisco, ville mythique de la contre-culture, on en voit des traces encore partout, et toujours résistante au conservatisme ambiant, même si elle a sans doute bien changé. Souffle un vent de liberté.

Valparaiso, ville port, ville poète. L’imagination et la créativité au pouvoir.

Buenos Aires parce que c’est l’âme de l’Argentine, le tango, pour la richesse de son architecture et ses multiples quartiers aux ambiances si différentes, bohème à Palermo, populaire à La Boca, chic et culturelle à Recoleta.

Plus belles découvertes naturelles (faune flore) ? Pourquoi ?

Les baleines de la Peninsula Valdes. J’en avais déjà vues en Afrique du Sud, mais pas d’aussi près. Là, c’était un ballet, les mères avec leurs petits, qui naviguaient, masses énormes, princes des mers.

Votre meilleur moment et pourquoi ?

Une longue marche sur une plage sauvage du Pacifique dans le nord des Etats-Unis. Une plage déserte et la puissance de l’océan. Nous nous sommes écartés les uns des autres comme en étoile pour marcher seuls sur le sable. Seuls et ensemble tout à la fois. Avec son bâton qu’il trainait dans le sable et sa silhouette fine dans les vapeurs de l’océan, Victor avait l’allure de Théodore Monod. Steph photographiait les mouettes, les carapaces de crabes, les traces laissées par le vent. Les deux m’ont dit que pendant tout ce temps là, ils n’avaient pensé à rien. L’un des premiers grands moments de communion avec la nature.

Votre pire moment et pourquoi ?

Mes allergies au pollen ou à des piqures d’insectes, je n’ai pas su et le médecin de la clinique de San Pedro de Atacama non plus. Une allergie dans le nord des Etats-Unis, une seconde au Chili et une troisième en Argentine. Allergies se traduisant par des cloques et des démangeaisons intenses, qui m’empêchaient de dormir.

Pire galère ?

La pire galère se passe dans un bus de nuit en direction de San Antonio de Areco en Argentine. La gourde de mon sac à dos, mal rebouchée, se dévide complètement sur mes affaires et détrempe mon carnet rouge, celui qui contient mes observations, impressions, anecdotes sur le Chili et l’Argentine. Les pages se collaient les unes aux autres, l’encre commençait à couler, un cataclysme. Pendant une bonne heure, nous avons cherché comment faire pour éviter la disparition de mes notes prises les sept semaines passées. Recopier était une folie. Prendre en photo, peine perdue car il faisait nuit noire et la lumière du flash traversait les pages. Et puis soudain, je me suis rappelée les Corn Flakes. Nous avions un paquet de céréales dans la glacière portative, des pétales de maïs gondolées. Alors, Steph et moi-même avons placé trois ou quatre pétales de Corn Flakes entre chaque page, il y en avait 92, pour éviter qu’elles ne se collent en séchant, et découpant le carnet en six tronçons dans la longueur, comme s’il avait été une brioche parce qu’il commençait à prendre trop de volume.

Bonne surprise ?

De voir le lendemain que mon carnet était sauvé !

Mais aussi la cuisine péruvienne, pleine de saveurs, fine, diversifiée, entre les céviches, ragoûts, soupes, viandes marinées et grillées.

Mauvaise surprise ?

Les auberges de jeunesse dans l’ouest canadien, où nous avons été confrontés à un sans gêne invraisemblable, un manque de respect pour autrui en cuisine (vaisselle pas lavée, éviers bouchés), en dortoir (bruit et conversation à toute heure de la nuit), et une grande indifférence (des jeunes gens collés à leurs téléphones portables, mangeant seuls dans leur coin, fuyant les conversations).

Plus jolie rencontre ?

Les jeunes d’Our Children’s Trust dans l’Oregon aux Etats-Unis, Jacob, Kelsey, Avery et Sahara, pour leur énergie, leur joie de vivre, leur engagement pour une planète meilleure. Ils ont entre 12 et 23 ans et portent plainte avec 17 autres adolescents américains contre l’Etat, accusé de ne pas respecter leurs droits à un environnement sans pollution. Qui fait l’objet d’un reportage que nous publions dans la revue Dong !

La pire situation de peur / stress ?

Dans la réserve de Santa Elena au Costa Rica. Nous avons entendu un grognement, qui devait être un ocelot ou un puma, on ne saura jamais. L’animal nous a suivi un long moment. Nous n’avions rien à saisir pour nous défendre s’il avait fallu.

Ce qui vous a manqué ?

A trois ou quatre reprises, ma salle de bain.

Une phrase pour conclure le voyage ?

On se sent d’une grande humilité face aux forces de la nature et en harmonie avec le monde vivant.

(A Suivre)

Un commentaire

  1. ça en fait des petits ou grands moments, comme autant de souvenirs… A l’image de ce qui a aussi émaillé vos pages au fil de ces six mois, tout ce que vous avez exploré, déroulé, partagé. Encore merci à vous 3 😉

Laisser un commentaire