Kaléidoscope

Les lettres dégringolent d’une partition puis s’envolent emportées par des ballons avant de glisser à nouveau tout en bas de la portée. Et ça pourrait tout aussi bien être l’inverse. V au sommet, A les pieds dans l’eau, O dans le sillon des bateaux – Ou quand le typographe se fait topographe.

Dégringoler un escalier, être rattrapé par la gravure d’une main qui saisit un oculus.
Reprendre une course folle et s’envoler avec les papillons et colibris de La Loica.
Penser aux escaliers de Paul Grimault sans trouver ni le roi ni l’oiseau.
Penser aux escaliers de Paul Grimault. Trouver le roi, trouver l’oiseau.

S’arrêter devant un immeuble brun et anguleux où vivent sans doute les Triplettes de Valparaiso. Être suivi du regard par une autruche hirsute et un singe en colère.
Prendre ses jambes à son cou.
Passer devant la Femme Piège et penser à Enki Bilal.
Passer devant un corps sans tête et penser à Roland Topor. La Planète est sauvage.

Retrouver un escalier en tournimasson, se croire chez Cornelius Escher, être pris de vertige en découvrant les fresques de cette ville où la peinture recouvre les fissures, où le décrépis se fait art, où l’inspiration vient en sautillant. Une marche. Puis une autre. Hop, hop, hop…

Stéphanie Nedjar

4 commentaires

  1. On n’a pas vraiment conscience dans nos contrées européennes de cette richesse artistique et de ces harmonies de couleurs.
    J’aime beaucoup la référence à Roland Topor. Nous n’avons qu’à l’appeler « Terre » 😉

    1. Comment pourrais-je oublier notre premier visionnage de La Planète Sauvage, ensemble 🙂 , et ces phrases métaphysiques qui pour les enfants que nous étions nous restaient d’insondables mystères !

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