Caminando. De Maras à Moray

Caminar. Cheminer. Il s’agissait de partir d’Urumbumba, à une cinquantaine de kilomètres de Cusco, et de relier les terrasses de Moray, un centre de recherche agricole Inca, en passant par les salines de Maras. 1500 mètres de dénivelé, six heures de marche à travers les montagnes mais quelques kilomètres seulement. A chaque pas les paysages changent et nous surprennent. La Cordillère des Andes est définitivement très différente de ce que nous avons imaginé. Des salines, des vallées verdoyantes, des champs cultivés, des expérimentations agricoles.

Urubamba. 2800 mètres au dessus du niveau de la mer. Les salines de Maras, entre 300 et 4300 mètres. Accrochés à la montagne, les 3600 bassins existaient déjà avant les Incas. Aujourd’hui 700 familles en vivent.

Maras un dimanche après-midi. Un peu d’animation sur la place principale, on l’on se donne rendez-vous en famille. Les rues adjacentes sont calmes, le sabot des ânes résonne sur les pavés. On pense aux paysans ardéchois de Depardon en avalant nos empenadas au poulet. Et nous reprenons notre marche, une nouvelle vallée nous attend.

Les montagnes à perte de vue, et curieusement un petit air d’Asie Centrale. Jubilation. Nous nous verrions bien passer plusieurs jours dans cette vallée. Camper dans les champs, s’abriter dans des bâtisses dont on ne sait si elles sont habitées ou abandonnées, échanger quelques mots avec les paysans à qui nous demandons notre chemin à chaque intersection ou presque. Cheminer, donc.

Moray. Notre destination finale.
La position des terrasses crée toute une série de microclimats: la température est plus élevée au centre mais diminue ensuite en fonction de la distance de chaque terrasse. Cela permet de simuler une vingtaine de microclimats différents. On pense que Moray a notamment servi à prévoir les rendements agricoles, non seulement dans la Vallée sacrée mais aussi dans d’autres parties de l’Empire inca. Il semble aussi qu’à Moray les Incas tentaient d’acclimater des plantes exotiques aux conditions locales. Abandonné au moment de la conquête espagnole, le site fût redécouvert dans les années 1930.

Nous reviendrons.

Stéphanie Nedjar

2 commentaires

  1. Incroyable ces Salines… très beau paysage façonné par l’homme. Fascination pour ces cercles de Moray, l’essentiel était là.Très belles photos, j’aime particulièrement celle avec l’âne. Bon périple à vous trois ! Cheminez-bien…

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