Ligne de crête

Dimanche 15 septembre, quelque part sur la Panaméricaine.

Nous atteignons la ligne de crête de notre voyage : 90 jours passés, 90 jours à venir.

Ces six mois de pérégrinations répondent aux mêmes règles temporelles que les toutes petites échappées : la première moitié s’est écoulée lentement, la seconde passera à toute vitesse. Juste entre les deux, le temps en suspension, à équidistance des défis d’hier et des ambitions de demain. Le mur des contingences s’est effondré.

Un premier regard derrière l’épaule, un second droit devant, les lignes de fuite se croisent. Mais si les regards buttent sur l’horizon, les pensées, elles, se perdent à l’infini. L’œil et l’esprit glissent sur le bitume de la panaméricaine. Dix-huit heures à la fenêtre d’un autocar, mille deux cent kilomètres de paysage avalé entre Mancora et Lima. Cette côte nord du Pérou est lunaire.

Le Costa Rica s’éloigne, bientôt nous vous raconterons le Pérou.
Temps en suspension.
Avant que la clepsydre ne se vide.
Liberté.

Stéphanie Nedjar

Un commentaire

  1. Bonjour Stéphanie,
    C’est un régal de te lire. Une telle aisance dans l’écriture est tellement peu fréquente . A quand un roman ou une nouvelle ?
    Amicalement
    Francis

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