Costa Rica, eldorado touristique?

Ce sont 2, 3 millions de touristes qui ont visité le Costa Rica en 2018, dont la moitié d’Américains, suivis des Européens, Allemands, Espagnols, Français et Britanniques, attirés par les spots naturels, maritimes et terrestres. Une manne pour le pays qui rapporte près de 3,8 milliards de dollars par an (devises et dépenses des croisiéristes).

À contrario de sites touristiques aujourd’hui surfréquentés comme le Machu Pichu au Pérou, Venise et Santorin en Méditerranée, Angkor au Cambodge ou l’Everest dont les images dramatiques des embouteillages mortels à son sommet ont fait la une des journaux au printemps dernier, le Costa Rica ne souhaite pas tant augmenter le nombre de touristes, qu’augmenter le « panier » dépensé par visiteur. Il est aujourd’hui d’environ 1 104 dollars par personne.

Le Costa Rica mise sur un tourisme vert et responsable afin de ne pas peser sur ses ressources et préserver l’environnement, sa première richesse nationale.

Ainsi, dans les parcs nationaux, le nombre de visiteurs est régulé par des quotas. Dans la réserve de Monteverde par exemple, qui couvre 105 km2, 100 personnes seulement sont autorisées chaque jour. Charge à chacun de se débrouiller pour arriver parmi les premiers.

Dans le pays, l’électricité est renouvelable à 100 %, tirée de l’énergie hydroélectrique, des éoliennes et de la géothermie.

Les écolodges se développent et les règles pour obtenir les certifications et labels sont « ici plus sévères » qu’en France affirme Laetitia, la propriétaire française de 3 Bamboo, écolodge situé dans la jungle près de Cahuita, sur la côte Caraïbe. « Les services de santé passent toutes les semaines faire des relevés pour évaluer la qualité de l’eau de la piscine par exemple. Il faut avoir un plan de gestion des déchets… Et aussi mesurer son impact environnemental sur la communauté, le village alentour », explique t-elle.

Le Costa Rica vient de passer une loi afin d’éradiquer totalement le plastique à usage unique d’ici 2021. Mais reste pas mal de chemin à faire tant l’usage du sac plastique est répandu dans les campagnes.

Le pays a par ailleurs publié un décret en juin dernier pour protéger la grande barrière de Corail. Le pays possède 970 km de zones coralliennes sur les deux côtes, « mais plus de 90 % sont menacées par les activités humaines, y compris le changement climatique », selon le ministère de l’Environnement. Les coraux de la mer Caraïbe et de l’océan Pacifique blanchissent et meurent sous l’effet du réchauffement. Or les coraux jouent un rôle crucial dans les biotopes marins et forment une barrière naturelle contre l’érosion, en absorbant les vagues les plus puissantes. Le gouvernement veut ainsi construire un méga récif artificiel dans le Pacifique.

Les mers sont également polluées par le rejet des eaux usées non traitées et par les micro-plastiques. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes du Costa Rica « vert ». Avec les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports, l’agriculture est l’autre point noir majeur du pays. Qui sera abordé dans un prochain article.

Christelle Marot

Laisser un commentaire