Justice climatique

Face aux coups de boutoir de l’administration Trump contre le climat et le détricotage méthodique de la politique menée par Barack Obama en matière d’environnement, plusieurs États américains, la Californie et l’état de New York en tête, organisent la résistance sur le front judiciaire.

Depuis 2017, la Californie a ainsi engagé 24 actions en justice contre la politique environnementale de Washington. Et en a déjà gagné 15. L’arme du procureur général de Californie Xavier Becerra ? La science. « Nos réglementations environnementales sont principalement étayées par la science. Or, la plupart du temps, l’administration Trump ne peut pas produire de preuves s’appuyant sur la science », expliquait-il ainsi au Los Angeles Times le 7 mai dernier.

L’administration Trump, climato sceptique notoire, peine à justifier l’abandon de règles rigoureuses  fixées dans le passé. Et la vacance du poste pendant 19 mois du poste de scientifique en chef de la Maison Blanche n’a pas arrangé les choses.

Les juges fédéraux se sont notamment rangés du côté de la Californie et des groupes de défense de l’environnement dans des affaires de pollution de l’air, de pesticides et de redevances perçues par le gouvernement par des entreprises qui extraient du pétrole, du gaz et du charbon de terres publiques.

Depuis plusieurs décennies, la Californie a le pouvoir discrétionnaire de fixer des réglementations environnementales et des normes sur la pollution de l’air plus drastiques que l’État fédéral américain (programme zéro émission pour les véhicules automobiles par exemple).

Un pouvoir qui donne de l’urticaire à l’actuel occupant de la Maison Blanche et qu’il veut casser. Entre Mary Nichols, la présidente du California Air Resources Board, surnommée « The Queen of Green », et Donald Trump la guerre est déclarée. L’État démocrate californien a engagé des poursuites contre l’Agence fédérale de l’environnement (EPA) qui prévoit d’assouplir les normes anti-pollution automobiles.

Dernière action en date : l’action en justice lancée à New York ce mardi 13 août par une coalition de 29 États et villes, dont la Californie, le Massachusetts, le Colorado, Chicago et Miami, pour empêcher l’administration Trump d’assouplir les restrictions imposées aux centrales à charbon sous l’ère Obama. Ces restrictions visent à réduire les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2022, en encourageant la fermeture des centrales très polluantes et en remplaçant ces sources d’énergie par du gaz naturel ou des énergies renouvelables.

Sur la base d’une dénonciation des carences des administrations et des politiques, également des entreprises, le climat devient une cause à défendre et se transfère devant les cours nationales.

Et les citoyens ne sont pas en reste.

Christelle Marot

2 commentaires

  1. C’est encourageant de voir qu’il y a un contre pouvoir politique fort sur les questions environnementales. Pour votre info, il y a 2 jours on apprenait dans Le Monde que le gouvernement américain venait d’enteriner un assouplissement substantiel du Endangered Species Act, mis en place en 1973 par Nixon et jusque-là jamais remis en question par aucun gouvernement. Merci pour vos infos.

  2. Oui Anne, c’est rassurant de voir certaines résistances.
    Est-ce que Trump va réussir en 4 ans à supprimer toute la réglementation mise en place en 40 ans ? En tout cas, il faut avouer qu’il est d’une effroyable efficacité pour déconstruire le futur !

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