De sable et d’eau

Longer la mer depuis Vancouver.
Tremper sa peau dans l’eau glacée de la Colombie-Britannique.
Longer la mer depuis Vancouver.
Puis arpenter quelques terres, deux cités, des glaciers, une vallée.
Longer la mer depuis Vancouver.
Et retrouver l’horizon dans l’Oregon.

A Baker Beach, oui, Baker Beach, encore elle, le rarissime promeneur a l’impression d’avoir été envoyé dans un autre monde, ou plutôt un autre temps. Un temps sans hommes. Comme dans cette scène de la Planète des singes où l’on découvre la Statue de la liberté ensevelie par le sable. Les hommes ont perdu leur humanité et la nature a retrouvé ses droits.

Ici le temps s’est arrêté, on regarde l’eau couler et le sable caresser les coquillages.

Observation patiente et silencieuse d’un phénomène ondulatoire

Oublions un instant les particules de plastique qui envahissent nos océans. Observons la libre circulation de l’eau et les mouvements d’un grain de sable qui aurait rencontré un coquillage.

Caresse du sable à un coquillage

A Baker Beach le vent dessine des paysages inédits. Dans les contreforts des dunes, des canyons se font et se défont.

Certains paysages poussent à l’introspection mais ici, à cet instant précis, nous sommes aux antipodes des méditations des poètes romantiques ou des évocations nostalgiques de la Nouvelle Vague. « Je n’ai même pas réussi à penser », me confie, un brin étonné, un garçonnet de treize ans. Une nature tellement imposante qu’elle contraint même notre voix la plus intérieure au silence.

Stéphanie Nedjar

4 commentaires

  1. Comme j’aime te lire…. Et comme ces paysages nous rappellent notre condition de grain de sable… une condition contre laquelle nous luttons de toutes nos forces

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