Même les feux ont leur saison

Aujourd’hui, nous quittons Roseburg, bourgade au cœur de l’Oregon, en direction de la Californie. Nous passerons les prochains jours au Lac Tahoe et à Yosemite. La perspective d’un feu de forêt à Yosemite m’a effleurée et je me demandais, au moment où nous réfléchissions à notre itinéraire, s’il était très pertinent d’être en Californie au mois d’août.

Mais de fait, un pompier de la brigade de Portland rencontré la semaine dernière avait relativisé mon inquiétude. « Jusque là la brigade a été tranquille, la saison des incendies n’a pas encore commencé ». Il y a donc une saison des incendies, et pas seulement en Californie.

En 2017, par exemple, plus de mille feux se sont déclarés, brulant 450 000 acres de forêt. 450 000 acres ? 182 000 hectares. 1820 km2. A peu près la superficie de La Martinique ou de Los Angeles. Les facteurs déclenchants ? Les orages et les feux d’origine humaine, non pas d’origine criminelle mais d’origine culturelle si l’on peut dire, car ce sont les sacro-saints barbecues qui sont ici en cause. Ils sont pourtant rigoureusement interdits par les autorités pendant la « saison des feux », des panneaux le rappellent absolument partout.

Nous empruntons donc l’Interstate n°5. Une demi-heure après avoir quitté Roseburg, une épaisse fumée jaune s’élève au dessus des arbres. Un hélicoptère passe.

Comme les autres, je continue ma route. Une dizaine de voitures de premiers secours. Des pompiers. Des flammes visibles depuis la route. J’accélère.

Cet incendie a été baptisé le Milepost 97 Fire, a été provoqué en effet par un barbecue dans les environs de Canyonville. Le climat semble plus extrême. Les pluies hivernales sont plus brutales, les sols n’arrivent pas à en absorber l’eau. Et les étés sont plus secs. Une centaine de pompiers est encore sur le terrain, trois maisons ont été évacuées. Il faut dire que la région n’est pas très densément peuplée. Un fermier nous expliquait cependant il y a quelques jours que le plus difficile, ce sont les fumées. L’année dernière, il a passé une quinzaine de jours à travailler aux champs en portant un masque, tant les fumées saturaient l’air.

Stéphanie Nedjar

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