Et j’entends siffler le train

Nous laissons derrière nous les glaciers et les torrents d’Okanogan County puis cheminons à travers une verdoyante vallée viticole  jusqu’à Yakima, vallée de Sellah. Nous cherchons la Columbia River, que nous allons longer jusqu’au Pacifique, marchant dans les pas de Meriwether Lewis et William Clark, deux explorateurs partis de Saint-Louis à la demande de Jefferson, troisième président des jeunes États-Unis d’Amérique.

Nous sommes en 1804, à la confluence de deux univers, le cours de l’histoire locale est sur le point de changer, et sur la Columbia River plus qu’ailleurs peut-être. Les nomades ont cessé les transhumances ici, attirés par l’abondance du saumon qui remonte la Columbia. Mais peu à peu, les Spokane, Nez-Percés et autres Shoshones qui y pèchent doivent partager le rivage avec des « hommes poilus » qui voient dans l’utilisation des voies navigables autant de routes commerciales. Les trappeurs s’enrichissent, les bateaux à vapeur sifflent, et les amérindiens se meurent de la variole.

Les chutes d’eau du cours inférieur de la Columbia restent pourtant un problème. Le chemin de fer arrive. Bientôt, le sifflement des trains de l’Oregon Railroad and Navigation Company fait oublier le clapotement des roues à aube. Près de deux cent ans plus tard, le rail et la rivière font toujours corps.

Au loin, un train de marchandises approche. Sur la locomotive l’écusson de l’Union Pacific Railroad.

Je pense alors à Butch Cassidy, qui fit arrêter un train de l’Union Pacific, à Jesse James aussi, et à Idgie et Ruth grimpant dans un train en marche pour distribuer des vivres aux exclus de la Grande Dépression dans Fried Gried Tomatoes. Je pourrais encore évoquer Claudia Cardinale, à sa descente du train dans Il Était une fois dans l’Ouest. Mais j’aurais sans doute tort car aujourd’hui plus personne ne prend le train aux États-Unis. La voiture, puis l’avion, ont fait oublier que la conquête de l’ouest fut celle du rail.

Stéphanie Nedjar

5 commentaires

  1. Ces trains n’ont jamais de fin? Quel genre de gare les accueille pour décharger les marchandises ??? Au demeurant, les paysages sont assez dingues… Bonne route !!!

    1. Et encore, j’ai accéléré par 4 le défilement du film. Le train est en fait passé devant nous pendant 8 minutes et j’ai compté pas loin de 200 wagons… Heureusement, je n’étais pas bloquée au passage à niveau !

  2. Pour moi c’est très américain ces trains de marchandises de plusieurs km qui traversent le pays d’est en ouest (et inversement) !

  3. on n’en voit pas le bout ! la démesure américaine. si les personnes ne voyagent plus en trains, les marchandises oui, apparemment.

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