Aux rêveurs…

Elle est là, audacieuse, élancée, piquant le ciel orangé de sa pointe, dominant Seattle. Elle, c’est la Space Needle, cette tour futuriste coiffée d’une soucoupe volante construite pour l’exposition universelle de 1962. A l’origine, un dessin griffonné sur la nappe d’un restaurant par Edward E. Carlson. Nous sommes au tout début des années 60, les Etats-Unis partent à la conquête de l’espace, la science, le futur font rêver. « To the dreamers, to the builders, to the risk-takers », c’est à eux que Seattle dédie sa Space Needle emblématique.

Aujourd’hui, les rêveurs, les bâtisseurs et les audacieux n’ont plus la tête dans les étoiles, mais bien les pieds sur terre. Ils sont dans nos jardins.

A Seattle, ils plantent de la lavande sur les trottoirs de Ballard et de Fremont que viennent butiner abeilles et bourdons, ils s’entourent de sapins bleus et piquent dans la terre des écriteaux en bois, déclaration de tolérance à leur voisinage. « We love our muslim neighborhood », peut-on lire sur l’un d’entre eux. Ils écrivent de la poésie sous nos pas scellant dans l’asphalte des fourchettes et cuillères métalliques, ils peignent leurs façades de licornes, de marmottes et d’extra-terrestres, ils sèment des fleurs sur les rond-points.

Nichée entre l’océan Pacifique et les chaines de montagnes Olympic et Cascades, Seattle est une ville « libérale » au sens américain du terme, très à gauche sur l’échiquier politique. Une ville à l’atmosphère bohème et champêtre.

Texte Christelle Marot
Galerie photos Stéphanie Nedjar

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