Trans Mountain #4 : la partie n’est pas terminée

A quatre mois des élections fédérales canadiennes, qui scelleront le sort du Parti libéral au pouvoir de Justin Trudeau, c’est un bras de fer intense qui se joue désormais autour du Trans Mountain entre l’Alberta, soutenue par le gouvernement d’Ottawa, et la Colombie-Britannique. Après la décision d’Ottawa le 18 juin dernier d’autoriser l’expansion de l’oléoduc transportant du pétrole extrait des sables bitumineux, la Colombie-Britannique dirigée par les Verts et les Démocrates, les défenseurs de l’environnement, la grande majorité des tribus amérindiennes (Premières nations), plusieurs organisations syndicales, des citoyens ordinaires, tous, sont bien déterminés à ne pas laisser ce projet voir le jour.

« Si le gouvernement lance les travaux, il y aura une mobilisation très forte sur le terrain. Les gens, qu’ils soient jeunes étudiants ou retraités, membres des Premières nations ou responsables politiques, sont prêts à bloquer les bulldozers, ils sont prêts à se faire arrêter », nous indique Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada.

Le pipeline proposé entraînerait une multiplication par sept du nombre de pétroliers transportant du bitume dans la mer des Salish autour du port de Vancouver, mettant en péril 98 000 emplois tributaires de la côte, menaçant les orques, les populations de saumon, mais aussi les opportunités touristiques et la santé des résidents de Colombie-Britannique. Selon la ville de Vancouver, l’oléoduc devrait augmenter les émissions de CO2 de 8,8 millions de tonnes, soit l’équivalent de 2,2 millions de véhicules passagers sur les routes.

« Les habitants de la Colombie-Britannique ne veulent pas que ce pipeline soit construit et veilleront à ce qu’il ne le soit pas ! », indique Sonia Theroux, codirectrice générale de l’organisation Leadnow. Pour le maire de Vancouver, Kennedy Stewart, en pleine urgence climatique, « la décision du gouvernement fédéral est inacceptable. Comme il est inacceptable de faire passer un pipeline à travers des réserves et des territoires indiens non cédés ».

La bataille promet d’être rude. L’Alberta menace de fermer les robinets de pétrole à la Colombie britannique si celle-ci continue de faire obstacle.

Christelle Marot

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