On the Road Again

Tailler la route. Nous prenons enfin le volant ! D’abord un aller-retour à Fort Mac Murray depuis Edmonton, puis les Montagnes Rocheuses. 500 km par jour en perspective pendant une semaine, de quoi assouvir notre soif d’asphalte !

Une fois la boîte automatique apprivoisée, j’attaque sereinement cette route rectiligne, désespérément rectiligne… Pour autant, rectiligne ne veut pas dire tranquille.

Dès le premier jour, nous apercevons un ours brun sur un talus, un peu plus loin. Il a l’air très affairé, et c’est tant mieux.

Au deuxième jour, nous passons devant une biche écrasée repoussée sur le bas côté. Son meurtrier automobiliste a eu la délicate attention de disposer ses membres bien parallèle les uns avec les autres. Ca nous change des hérissons vous avouerez.

Et au troisième jour, alors que je roule presque sous hypnose, un panneau pour moi inédit me pousse à me ressaisir en un instant : Attention, traversée d’élans sur les prochains 97 km. Pourquoi 97 et pas 100 on ne sait pas, mais ça n’a pas beaucoup d’importance, ma modeste berline me paraît soudain bien fragile.

Pendant ce temps là, 70% des Canadiens ont choisi d’acheter des pick-ups, et même plus de 80% d’entre eux dans l’Alberta. Évidemment, à véhicule gargantuesque, émission de gaz à effet de serre pantagruélique. Ainsi, un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de calculer que les véhicules canadiens ont la plus haute moyenne de consommation de carburant et d’émissions de dioxyde de carbone par kilomètre parcouru (Les États-Unis arrivent en deuxième position, la France en 44è). Ils sont aussi les plus gros et les deuxièmes plus lourds au monde. Un triste record à corréler au bas prix du carburant dans le pays, car là où les prix sont bas, comme au Canada et aux États-Unis, la consommation de carburant tend à être élevée.

La taxation pourrait-elle inverser la tendance ? Sans doute. Ainsi, en Colombie-Britannique, la taxe carbone introduite récemment aurait poussé les consommateurs à acheter des véhicules moins polluants. Les économistes Werner Antweiler et Sumeet Gulati, de l’Université de cette province, ont calculé que, sans cette taxe, la demande locale par habitant serait supérieure de 7%.

Je continue ma route. Pas d’élan. Dans le rétroviseur, une drôle de Coccinelle me fait penser à Louise Bourgeois.

 

Au bord de la route, une casse automobile. Dans le rétro, j’aperçois cette installation.

Stéphanie Nedjar

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