Spiderman

Un homme court sur Whyte avenue. Il est torse nu, en sueur, et porte un masque en tissu qui recouvre intégralement son visage. Un masque de Spiderman. Il s’arrête à un feu, se retourne, observe les gens lentement, avant de traverser et de reprendre sa course. La scène est bizarre, inquiétante. Nous sommes dimanche matin, nous avons décidé de flâner dans le quartier. On ne croise pas âme qui vive ou presque. Les rues sont désertes. Comment une ville de près d’un million d’habitants peut-elle sembler aussi vide et impersonnelle ? Où sont donc t-ils tous passés ? Avalés la veille au soir par les Raptors, GMC et autres trucks-pick up, monstres patibulaires et menaçants aux dimensions hors normes ?

Edmonton semble possédée. Ce sont elles, ces machines agressives carburant au pétrole, les véritables maîtresses de la ville. On pourrait y tourner un remake de Duel, le thriller de Spielberg.

Le lendemain, dans downtown, du côté d’Art district ou de Rogers Place, ce n’est guère mieux. Une poignée de buildings d’affaires et administratifs scintillent dans le soleil. C’est calme et désincarné. Elle est loin l’effervescence des centres villes d’affaires. On n’y croise pas d’hommes cravatés, pas de « working women », mais quelques travailleurs portant casques de chantiers ; et puis des gueules abîmées, ravagées, les laissés pour compte du rêve pétrolier. Edmonton, c’est une drôle de ville, étrange et folle.

Christelle Marot

 

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